Grèce- Université de Macédoine

Contexte

Depuis le début de la crise économique en Grèce  qui a débuté en 2009 (aujourd’hui la cause de la dette en Europe), les jeunes Grecs sont depuis confrontés à des taux de chômage croissants, à une insécurité généralisée et à de l’exclusion sociale. Bien que le gouvernement grec ait été contraint de restructurer le marché de l’emploi dans le cadre de la stratégie européenne pour l’emploi, le taux de chômage des jeunes en Grèce avoisine aujourd’hui les 60%, laissant seulement deux options à la jeunesse: attendre le miracle ou partir à l’étranger à la recherche de meilleures conditions de vie.

En même temps,  l’utilisation des réseaux sociaux [1] ne cesse d’augmenter en Grèce et Twitter est le troisième média le plus populaire au début de l’année 2018. Mais son taux d’utilisation (3,14%) reste très faible comparé à Facebook (86,32%), et Pinterest  (5,31%). Pourtant, un récent rapport [2] publié par l’Institut Reuters en 2017 caractérise l’utilisation des réseaux sociaux par les grecs comme étant t “fréquente pour s’informer”, la Grèce étant “extrêmement  fragmentée sur le marché de l’information en ligne”.

Mais de quoi parlent les Grecs sur Twitter? Affecté par la crise économique, le discours public en Grèce ces dernières années est axé principalement sur les causes, les conséquences et les moyens mis en place face à la crise. Cela se retranscrit à petite échelle sur Twitter, notamment par les jeunes qui entretiennent entre autres des discussions sur la politique du pays.

Challenge

Ce projet est dirigé par le le pilote grec afin de promouvoir la participation politique des  jeunes et des politiques dans un pays très affecté par la crise financière depuis ses débuts. L’indice d’eParticipation (EPI) de l’ONU classe la Grèce comme étant un pays relativement faible à ce niveau. Il a diminué significativement  en 2016 (rang 61) par rapport à 2014 (rang 17). Selon un rapport de l’OECD[3], moins de 10% des citoyens ont participé à une consultation en ligne ou voté pour des questions civiques ou politiques. Il est donc nécessaire de renforcer l’e-participation en Grèce et de combler le fossé entre jeunes et politiques.

Solution

Afin de relever ce défi, le pilote grec du projet #Ask a choisi Twitter comme outil de coordination de la jeunesse à la politique. La plateforme a servi à entamer des débats politiques de mars 2016 à avril 2018. Cela s’est fait par intervalles réguliers ( une ou deux fois par jour). Trois ateliers ont été organisés dans l’optique de former les contributeurs sur la façon dont fonctionne la plateforme. Enfin, les résultats du pilote ont été présentés lors de plusieurs événements, y compris des conférences et des expositions internationales.

Le pseudo Twitter du pilote grec est @ASK_youth_GR.

Résultats

Le contenu de la plupart des contributions du pilote grec traite de la crise économique. Les autres sujets notables et qui ont généré du contenu sont relatifs aux thématiques de l’égalité du genre, de l’inclusion sociale,de l’immigration de l’environnement, du terrorisme, d’éducation et d’emploi, d’Europe, des droits de l’homme; et de la santé. Jusqu’à présent, le pilote grec a suivi plus de  200 comptes Twitter  de personnalités politiques et plus de 600 pour les jeunes actifs sur le réseau social et intéressés par les catégories relatées.  Les comptes Twitter des politiques englobent également les partis.  Les comptes Twitter des jeunes englobent aussi  les collectifs, les  conseils nationaux de jeunesse et  les ONG. En utilisant la plateforme #Ask, le pilote grec a enregistré plus de 650 discussions parmi les utilisateurs identifiés. Les publications  contenaient souvent des infographies pour être plus attrayantes, à l’image de la capture d’écran présentée ci-contre. Au total, ces discussions ont généré plus de 1300 réponses, 700 likes et 750 retweets.

Greece

[1] http://gs.statcounter.com/social-media-stats/all/greece

[2] https://reutersinstitute.politics.ox.ac.uk/sites/default/files/Digital%20News%20Report%202017%20web_0.pdf?utm_source=digitalnewsreport.org&utm_medium=referral

[3] http://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/STUD/2016/556949/IPOL_STU(2016)556949_EN.pdf